L’Europe veut sauver des vies, les Etats-Unis veulent sauver leur économie. Deux objectifs différents et une même maxime « quoi qu’il en coûte ! »

La strategie Europeene

Cela n’a échappé à personne que la plupart des pays européens entre dans leur deuxième semaine de confinement.

Les conséquences économiques sont terribles, la majorité des secteurs d’activités est touchée. On estime que ces mesures sont essentielles pour sauver des vies et préserver notre système hospitalier. Cependant on ne constate pas d’effet immédiat sur les chiffres de contamination (voir l’infographie ci-dessous). La province du Wubei berceau de l’épidémie commence seulement à sortir du confinement, dix semaines après l’avoir instauré. Cela laisse à penser que nous n’en sommes qu’au début et que le plus dur reste a venir.

Économiquement le gouvernement a premièrement “nationalisé les salaires” en permettant aux entreprises de mettre, sans limite, au chômage partiel leurs employés . Il a également suspendu la plupart des charges fixes des entreprises afin de leur permettre de traverser la crise. Le président a promis qu’aucune entreprise ne fera faillite suite à l’arrêt de l’économie. L’état interviendra si nécessaire pour apporter de la liquidité aux entreprises les plus en difficulté. Enfin en dernier recours la BCE fera tout son possible pour limiter l’impact économique sur les états membres.

 

La strategie americaine

Au niveau sanitaire, la responsabilité est laissée aux états. On a pu observer un confinement dans l’état de Californie alors que les springbreaks battent leur plein en Floride. De son côté l’administration américaine a préparé un plan de relance de tous les records. Il prévoit notamment un chèque de 1200$ par adulte et 500$ par enfant. C’est donc la première fois que la première puissance mondiale a recours à l’hélicoptère monnaie théorisé par M. Friedman. Ils ont également annoncé que les remboursements des prêts étudiants sont suspendus et qu’une enveloppe de 500 milliards de dollars est mise à disposition des PME.

La priorité fédérale est clairement d’endiguer la récession quitte à ne pas se préoccuper de l’épidémie. Donald Trump s’appuie sur les chercheurs (relayés notamment par FoxNews) qui montrent que les conséquences d’une récession font plus de morts que peut en faire le Coronavirus.

" Une étude au Royaume-Uni a calculé que 130 000 personnes y sont mortes, de façon évitable, entre 2012 et 2017, en raison de l’austérité. Les années d’austérité pour que l’Amérique paie le coût de la fermeture seront prises. Ajusté à la taille de notre économie, c’est plus d’un million de morts "

Steven Hilton, PDG de Crowdpac sur Foxnews

Enfin la FED a complété le plan du gouvernement avec des taux abaissés à 0 et un rachat massif de dette privée. Mais le plus important est sans doute l’annonce d’un Quantitative Easing illimité aussi bien dans le temps que dans le montant sur la dette publique américaine.

Au total ce plan est près de 3 fois supérieur au plan de 2008 et semble être poussé à son maximum. Beaucoup d’observateurs s’inquiètent qu’un plan d’une pareille ampleur entraine une chute du dollar et fasse capituler l’ensemble du système monétaire mondial…  

En résumé 

Le maintien de l’économie et une hausse des marchés financiers sont primordiaux pour les américains. De plus, Trump est en campagne, il a besoin de résultat à court terme.

De notre côté, dans la tradition européenne et surtout française, la vie n’a pas de prix. Nos pays sont prêts à d’importants sacrifices pour sauver la vie de ses concitoyens.

Bien évidemment il s’agit ici de détailler l’axe de défense et l’orientation stratégique des pays. Comme évoqué plus haut, les américains prennent également des mesures sanitaires et les européens des mesures économiques importantes.

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